électrostimulation : incontinence

Electrostimulation : traiter vous-même votre incontinence

Présentation de ce module

Vous avez des fuites urinaires ou anales et votre médecin vous a prescrit de faire des séances d'électrostimulation en plus de la rééducation avec votre kinésithérapeute ou physiothérapeute. Vous voici donc avec votre stimulateur individuel, vos électrodes et votre sonde. En principe, votre thérapeute a dû vous expliquer le pourquoi et le comment en large et en travers.

Nous allons cependant revenir, avec des schémas et des animations très simples, sur le fonctionnement des éléments anatomiques qu'il vous faut travailler pour retrouver le contrôle de la continence. Puis nous verrons comment la stimulation électrique agit sur ces éléments.
Enfin nous découvrirons l'intérêt de cette stimulation dans la prise de conscience de ce fameux périnée dont on parle tant et pourtant si méconnu.

1 Continence, incontinence, miction

Un minimum d'anatomie

La sphère vésicale

Mieux vaut connaitre un tant soit peu ce dont est fait le système urinaire pour en comprendre le fonctionnement, et donc le dysfonctionnement. Nous allons donc découvrir dans un premier temps les éléments anatomiques essentiels participant aux phénomènes de miction, de continence et d'incontinence : reins, uretères, vessie, urètre et sphincters.

Puis, dans un second temps, nous chercherons à comprendre comment tout cela fonctionne, que ce soit de façon réflexe ou volontaire.

Pour mieux comprendre, commençons par nous faire un peu de vocabulaire. La continence est la faculté de retenir inconsciemment et volontairement nos urines. Les 2 conditions étant ici requises : inconsciemment ET volontairement.
A l'inverse, l'incontinence est l'incapacité, de retenir inconsciemment et volontairement nos urines.
La miction est l'acte d'évacuer tout, ou une partie des urines contenues dans la vessie. Et ce, par les voies naturelles.
En toute logique, un trouble mictionnel est donc un dysfonctionnement de la miction. L'incontinence urinaire fait donc partie de la famille des troubles mictionnels.

Voyons, maintenant, les différents éléments anatomiques intervenant dans la miction :

  • En amont, voici les reins, qui secrètent l'urine.
  • Puis les uretères, transportant l'urine, des reins jusqu'à la vessie.
  • La vessie, qui se comporte ici comme un réservoir.
  • Enfin, l'urètre, canal, allant de la vessie, au méat urinaire, par lequel l'urine quitte le corps.
  • Sous la tunique externe de la vessie, nous trouvons un muscle circulaire, appelé, muscle détrusor.
  • A la sortie de la vessie, se trouve un muscle à fibres circulaires, entourant l'urètre, et qui, par sa contraction, rétrécit l'orifice de ce dernier jusqu'à l'obturer. C'est le sphincter urétral interne, ou trigone.
  • En aval, nous trouvons un autre sphincter, nommé, sphincter urétral externe.

 

Le périnée

Le terme périnée, ou encore plancher pelvien, désigne la partie de la zone abdominale constituant le plancher du petit bassin. C'est-à-dire la région où sont situés les organes génitaux externes et l'anus. Que ce soit chez la femme, ou chez l'homme.
Le plancher pelvien peut être fragilisé, entre autres possibilités, par la grossesse et par l'accouchement. Cette fragilité peut entraîner l'apparition de fuites urinaires lors d'un effort tel que la toux ou le sport.
La rééducation du périnée est proposée 6 à 8 semaines après l'accouchement et représente une étape primordiale dans la récupération de sa tonicité.

Voici un schéma, montrant la situation globale du périnée, c'est-à-dire des muscles constituant le plancher pelvien, chez la femme. Vue par le dessous, puis par le dessus. Voici maintenant les mêmes plans, mais chez l'homme. Et oui, ne vous en déplaise messieurs, l'homme aussi possède un périnée. Sur cette vue, nous pouvons observer l'emplacement :

  • Des os du bassin.
  • De l'utérus.
  • De la vessie.
  • Et des muscles constituant le plancher pelvien, ou, périnée.
  • Enfin, sur ce schéma représentant le périnée vu par le dessus, nous devinons bien sa fonction de plancher, véritable hamac, soutenant la vessie.

 

2 Un petit brin de physiologie : comment tout cela fonctionne.

Au niveau de la sphère vésicale

Tentons de comprendre le mécanisme de la miction. Pour cela, gardons en tête l'idée suivante :

  1. Les parois de la cavité vésicale comportent des capteurs qui informent les centres de commandes spécifiques au niveau du cerveau sur l'état de remplissage de la vessie elle-même.
  2. Le cerveau analyse ces informations, les traitent et renvoient une commande appropriée aux éléments de contrôle de la miction. C'est à dire les sphincters vésicaux interne et externe, et le muscle détrusor qui enveloppe la vessie.
  3. Lorsque ce système de contrôle fonctionne normalement, la continence et la miction sont normalement assurées.
  4. Inversement, tout dysfonctionnement au niveau de ce système de contrôle provoquera un trouble vésico-phinctérien, telle que l'incontinence urinaire.

Voici tous les éléments que nous connaissons déjà, auxquels ont été ajoutées les principales commandes nerveuses :

  • Le groupe des nerfs pelviens, qui commande, d'une part, le muscle détrusor qui entoure la vessie, et d'autre part le sphincter vésical interne.
  • Le groupe des nerfs pudendaux, qui commande le sphincter vésical externe.

Ces nerfs communiquent avec les centres de commande, situés au niveau du cerveau, via la moelle épinière.
Les nerfs sensitifs, chargés de renseigner les centres de commandes sur l'état des différents éléments, tels que la vessie et les sphincters, ne figurent pas sur ce schéma, afin d'en simplifier la compréhension.

Voyons maintenant comment tout cela fonctionne, en commençant par les sphincters. L'action d'un sphincter, est comparable à celle d'une vanne. Fermée, aucun fluide ne passe. Ouverte, le débit est maximal. Dans l'appareil urinaire, le fluide n'est autre que l'urine. Jusque là, rien de sorcier. Robinet ouvert = miction, robinet fermé = continence. Qu'est-ce qui assure cette continence ? Observez bien notre modeste animation. Les sphincters vésicaux interne, et externe, sont fermés. Ils empêchent donc l'urine de s'écouler dans l'urètre. Les uretères droite et gauche remplissent progressivement la vessie. Plus la vessie se remplit, et plus la pression exercée par l'urine sur ses parois augmente. Cette information concernant la pression à l'intérieur de la vessie est envoyée et analysée aux centres situés au niveau du cerveau. Lesquels réagissent en envoyant les ordres appropriés aux sphincters. La clôture du sphincter vésical interne se fait en mode automatique, c'est à dire, réflexe. Tandis que celle du sphincter vésical externe est volontaire : "je me retiens".

Si le cerveau désactive la clôture réflexe du sphincter vésical interne, seule, la clôture volontaire du sphincter vésical externe subsiste, en dernier barrage, contre l'écoulement d'un flux urinaire. Si nous relâchons alors volontairement la contraction du sphincter vésical externe, il n'y a plus d'obstacle à l'écoulement des urines dans l'urètre. C'est le début de la miction. Mais cela ne suffit pas pour que cette miction puisse se faire correctement. En effet, la pesanteur n'exerce pas une pression suffisante pour assurer cette fonction. Il faut l'aide du muscle détrusor, qui, en se contractant, va augmenter la pression à l'intérieur de la vessie.

Conclusion, une miction normale requiert simultanément :

  1. Le relâchement du sphincter vésical interne.
  2. Le relâchement du sphincter vésical externe.
  3. Et la contraction du détrusor.

 

Au niveau du périnée

Le périnée, en tant que plancher pelvien, remplit son rôle de maintien des organes pelviens :

  • Chez la femme : utérus, vessie, rectum.
  • Chez l'homme : vessie et rectum.

Le plancher pelvien se doit aussi de réagir aux pressions exercées à l'intérieur de l'abdomen, de haut en bas ; par exemple lors de la toux ou dans l'exercice de certains sports. Il participe aussi à assurer la continence, qu'elle soit urinaire ou fécale.
Un dysfonctionnement du périnée peut donc entraîner :

  • Un prolapsus, soit uréthral, soit anal.
  • Une incontinence, soit urinaire, soit fécale.

Le périnée joue aussi un rôle dans la statique vertébrale et dans la fonction orgasmique.

3 Traitement de l'incontinence

La sonde

Le traitement d'une incontinence nécessite, non pas des électrodes adhésives, mais l'utilisation d'une sonde vaginale ou anale. Il est primordial d'utiliser une sonde d'excellente qualité car la réussite du traitement en dépend. L'utilisation du meilleur appareil de stimulation qui soit avec une sonde de mauvaise qualité ne peut donner que des résultats médiocres.

Illustration: André Mamberti-Dias

 

Le traitement lui-même

Les paramètres des courants utilisables pour le traitement de l'incontinence est déterminé par les programmes proposés par le fabricant de votre électrostimulateur. En revanche, il vous reste à régler l'intensité. de ce courant.
Il n'existe pas de règle précise pour la détermination du niveau optimal de l'intensité. Celle-ci doit être suffisante pour provoquer un niveau de contraction confortable. Rappelez-vous d'une chose : la qualité du traitement ne dépend pas uniquement de l'intensité du courant, mais aussi, et surtout, de la position de l'électrode. Vous remarquerez que bien souvent, il suffit de déplacer l'électrode de quelques millimètres pour obtenir une meilleure contraction.
Habituellement, pendant une séance de renforcement des muscles du périnée, il est conseillé d'augmenter l'intensité toutes les 3 ou 4 contractions.

Conclusion

REMARQUE IMPORTANTE !
Ne pratiquez jamais une électrostimulation pour un problème de fuite urinaire ou fécale, de début de prolapsus, ou de douleur pelvienne sans consulter votre médecin ou prendre au moins l'avis d'un(e) kinésithérapeute.

En effet, l'utilisation d'un programme de stimulation peut, dans certains cas précis, être contrindiqué ou inapproprié. Dans d'autres cas, il peut nécessiter un protocole particulier comme l'usage d'un type de sonde spécifique. A défaut, le traitement pourrait, non seulement être inefficace, mais aggraver votre problème.