électrostimulation : tens

TENS : électrostimulation neuro-transcutanée

Présentation de ce module

TENS signifie stimulation électrique neuro-transcutanée et désigne une méthode de traitement de la douleur par stimulation électrique. Certains utilisent ce terme pour désigner l'appareil de stimulation lui-même : "j'ai un TENS", "je fais du TENS". TENS signifierait alors stimulateur électrique neuro-transcutané. Nous allons ici utiliser cet acronyme au pour désigner la méthode, et non l'appareil.

Mais avant de parler méthode de traitement, nous allons aborder ce qu'est la douleur : en quoi consiste-t-elle ? Comment se diffuse-t-elle au-travers le corps ? Comment pouvons-nous la "bloquer" ?
Et seulement après, nous allons découvrir ce en quoi consiste la TENS et comment l'appliquer.

1 Comprendre sa, ou ses douleur(s)

Préambule

Bien sûr, il n'est pas question de développer ici tous les aspects de la douleur. Des milliers de pages de littérature scientifique traitent de ce sujet de façon passionnante. Nous allons nous contenter du strict minimum dans le seul but de mieux comprendre les effets de la stimulation électrique neuro-transcutanée avec votre mini-stimulateur.
Cadrons notre sujet en 5 points :

  1.  Comment se définit la douleur officiellement ? 
    La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à des lésions tissulaires réelles ou potentielles, ou décrite en termes de tels dommages.
  2.  Pouvons-nous nous permettre de ne cocher qu'une seule case pour désigner toutes les douleurs de l'humanité ? 
    Evidemment non : une grande variété de douleurs existe. Le catalogue est énorme.
  3.  La douleur est-elle un phénomène normal, voire souhaitable ? 
    • Oui, si nous voyons en elle le signal d'alerte indispensable à la préservation de notre santé. C'est elle en effet qui provoque immédiatement le retrait réflexe de notre main quand nous la posons par inadvertance sur une plaque de cuisson brûlante. Ou qui nous impose de reposer une trop lourde charge avant que les dégâts ne soient trop importants au niveau de nos vertèbres. C'est le cas de la douleur transitoire, subite et immédiate.
    • Non, si cette douleur persiste très longtemps au point de devenir intolérable. Dans ce cas, elle n'informe plus de rien : elle s'installe, ronge et torture. Capable de miner sournoisement autant le physique que le mental. C'est le cas des douleurs aiguës, chroniques, ou rebelles.
  4.  Sommes-nous tous égaux devant une même douleur ? 
    Certainement pas. La douleur, sur ce point, ressemble à un monstre aux mille facettes, capable en plus, chez un seul et même individu, de changer d'apparence au fil du temps : aiguë ou chronique, localisée ou irradiante, projetée, etc. Elle est ressentie différemment selon notre âge, notre culture, notre milieu social, nos expériences personnelles antérieures et autres facteurs.
  5.  Les douleurs sont-elles exclusivement, soit physiques, soit morales ? 
    Plus les découvertes scientifiques progressent en la matière, et plus nous nous acheminons vers une réponse négative. Non, les deux aspects, physique et moral sont intimement liés. Prenez pour exemple les sportifs de haut niveau  la douleur clouant au fauteuil le commun des mortels n'est pour eux qu'un frein dans la poursuite de leur performance. Par ailleurs, des travaux scientifiques récents ont démontré, chez des personnes en souffrance physique, l'activation spontanée de processus psychologiques pour les protéger du caractère obsessionnel pris par la douleur physique initiale. Inversement, un choc émotif peut engendrer une douleur d'apparence physique. Si ce n'est que nous ne retrouvons dans ce cas aucune autre cause évidente de type chute, infection...

 

Tens et douleur

Notions essentielles

La douleur est toujours subjective. Chacun d'entre nous intègre la notion de douleur à travers nos propres expériences, le plus souvent liées à des blessures dès le début de notre vie. Nous savons aujourd'hui que, biologiquement, les stimuli à l'origine de la douleur sont susceptibles d'endommager les tissus. C'est probablement pourquoi nous associons la douleur à des lésions tissulaires réelles, mais parfois aussi, potentielles. La douleur s'inscrit incontestablement au chapitre des expériences désagréables et donc émotionnelles. A tel point qu'un certain nombre de personnes décrivent des douleurs en l'absence de lésions tissulaires objectivables, ou de toute cause pathophysiologique. Nous parlons alors de douleurs psychogènes. Il n'y a généralement aucun moyen de distinguer leur expérience de celle due aux dommages tissulaires réels. Si elles considèrent leur expérience comme une douleur, et si elles le signalent de la même manière que la douleur causée par un dommage tissulaire, cela doit être considéré comme une douleur.

La relation douleur - cerveau

En matière de douleur, tout aboutit au cerveau, au niveau de notre conscience. Les informations en provenance de toutes les parties du corps y parviennent en empruntant les voies nerveuses de la sensibilité. C'est aussi au niveau du cerveau que se définit la stratégie physiologique de défense contre la douleur. Cette adaptation se fait de façon automatique et souvent inconsciente.

Imaginez que vous mettez, habituellement, une heure cinquante en courant pour parcourir vos 10 kilomètres quotidiens. Combien mettriez-vous de temps avec une belle crampe ischiojambière qui n'en finirait plus ? Davantage, non ? Ou alors, vous abandonneriez, tellement la douleur prendrait le dessus ? Et bien, peut-être pas. Tout dépend de votre façon de gérer la douleur. Certaines personnes sont perturbées par celle-ci. Ils accomplissent, dans ce cas, leurs 10 kilomètres, plus lentement, en boîtant, et en exprimant bien fort leur souffrance. D'autres, font appel à leur capacité de concentration, pour ne plus penser qu'à la ligne d'arrivée, ou à compter les fleurs sur le bord du chemin. Ils sont même capables d'être transcendés par ce nouveau défi : arriver le plus tôt possible, pour mettre fin à la souffrance le plus tôt possible. D'autres encore, s'évadent, en laissant vagabonder leur esprit pour oublier la douleur. Alors, comment des personnes soumises au même stimulus douloureux, peuvent-elles vivre la même souffrance, de façons si différentes ?
Tout d'abord, qu'est-ce que la douleur ? La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle, désagréable, associée à des lésions tissulaires réelles ou potentielles, ou alors décrite en termes de tels dommages. Ceci est la définition officielle. La douleur est une perception, donc une sensation perçue par les sens et l'esprit. La description que nous donnons de nos propres douleurs semblerait, donc, a priori, être la meilleure estimation.
La douleur a une intensité qui peut être définie sur une échelle graduée de zéro à 10. Zéro, pas de douleur. 10, la pire des douleurs imaginables.
La douleur peut aussi être définie par son type : brûlure, aiguë, sourde, piqûre, ou autres qualificatifs.

Comment une agression se transforme-t-elle en douleur ?A l'origine, il y a une stimulation, dite nociceptive, c'est-à-dire capable de provoquer une douleur. Ce stimulus, recueilli par des capteurs biologiques est transformé en information, puis transporté du lieu de stimulation vers le cerveau. Arrivée à destination, l'information est analysée, puis validée comme étant un message douloureux. Donc comme une douleur.
Voyons ceci, sous un angle plus anatomique : notre coureuse vient de marcher sur un clou. L'information va remonter tout le long des nerfs sensitifs du membre inférieur, puis de la moëlle épinière, pour parvenir enfin à l'aire sensorielle du cerveau. Cette aire sensorielle est comparable à une immense salle de contrôle et de prise de décision, royaume des technologies de gestion des données. Parmi lesquelles l'analyse, le contrôle, la mémoire, l'inhibition, l'action, l'expérience et autres paramètres plus ou moins bien ajustés.
Objectif final : la mise en place d'une stratégie antalgique physiologique. Par exemple en tout premier lieu, lever le pied pour ne pas y enfoncer le clou davantage !

2 Douleur et système nerveux

La douleur : par quelles voies, sous quelles formes ?

Le message douloureux, ou nociceptif, peut provenir d'une agression au niveau de la peau, d'un tendon, d'un muscle, d'un nerf, des viscères, d'un os ou autres éléments anatomiques. Nous venons de voir qu'il aboutit au niveau du cerveau, pour y être analysé, puis reconnu comme expression de la douleur. L'organisme met alors en place une stratégie antalgique, c'est-à-dire de défense contre la douleur. Voyons un peu plus en détails comment il s'y prend.

Considérons, très schématiquement bien sûr, les principales voies de la douleur. Elles se répartissent en 2 systèmes : le système nerveux central, et le système nerveux périphérique. Le système nerveux central, regroupe le cerveau, et la moëlle épinière. Le système nerveux périphérique, quant à lui, regroupe les nerfs spinaux, qui innervent les extrêmités du corps et le tronc, ainsi que les nerfs crâniens. Les voies, allant de la périphérie, vers le cerveau, sont appelées voies ascendantes. Ce sont les voies de l'information. Les voies, partant du cerveau, vers la périphérie, sont appelées voies descendantes. Ce sont les voies de la commande, et du contrôle.
Maintenant, voyons tout ceci d'un peu plus près. Pour qu'il y ait douleur, il faut qu'il y ait agression : piqûre, coupure, brûlure, choc, écrasement, ou autre. Regardons cette vue, en coupe, de la peau. L'agresseur, c'est-à-dire le stimulus nociceptif, peut être perçu, soit par des terminaisons de fibres nerveuses sensorielles libres, soit par des capteurs spécifiques. Lesquels, transmettent aussitôt l'information vers les voies ascendantes.

Sous quelles formes ce signal est-il transmis entre les récepteurs nociceptifs, et le cerveau ? Vous vous doutez bien qu'il n'y a pas qu'un seul nerf entre les deux, mais toute une chaîne de neurones. Ces neurones, tant à la périphérie, que dans le cerveau et dans la moëlle épinière, sont articulés les uns avec les autres, par une zone de transmission appelée synapse. Une synapse, est donc une zone de transmission entre 2 entités de même nature, puisque 2 nerfs. Permettons-nous une analogie avec le monde du sport. Regardez bien les 2 coureuses de relais, à gauche de votre écran. La coureuse la plus à gauche doit transmettre le témoin, tel un message, à la suivante. Et ce, dans une zone limitée, ou zone de transmission. Vous voyez où je veux en venir ? Deux éléments de même nature, nos deux coureuses, communiquent entre elles, par l'intermédiaire d'un élément de nature différente  : un bâton faisant office de témoin. Schématiquement, c'est pareil au niveau d'une synapse : les 2 transmetteurs de nature identique sont les neurones, situés en amont, et en aval de la zone de transmission. Pour la nature des signaux, il nous suffit de remplacer nos belles athlètes par un signal électrique. Et le bâton, par des éléments chimiques, appelés neurotransmetteurs.
Nous constatons donc que la transmission d'un message douloureux est à la fois électrique, et, chimique. Ce qui permet de comprendre que les modes d'action sur la douleur, peuvent eux aussi, être de nature physique ou chimique. Le courant de votre électrostimulateur est capable, quant à lui, d'agir selon ces 2 modes. Nous verrons ceci dans une autre animation.

L'algostat, ou le mécanisme de contrôle de la douleur

Ne cherchez pas "algostat" dans le dictionnaire de médecine : ce terme n'existe pas. Il est juste là pour faire le parallèle entre un système de contrôle de la température ambiante de type thermostat et un système de contrôle de la douleur.
Le principe est le même, le nombre des composants, schématiquement le même. Seules les appellations des différents éléments sont différentes.
Bien sûr, dans la réalité, les choses sont bien plus complexes que cela. Mais cette animation donne cependant une idée assez précise du principe de boucle rétroactive, et de ce que sont l'inhibition et l'activation d'un phénomène biologique.

Le principe du thermostat est très simple. En voici les composants essentiels.

  • Une commande rudimentaire à bascule : on / off.
  • Une source de chauffage reliée à la commande.
  • Un capteur de température, appelé sonde thermique.
  • Un contacteur relié à la commande.
  • Une échelle de diodes électroluminescentes, ou Leds.
  • Un afficheur de température.

Alors comment ça marche ? La commande à bascule possède uniquement 2 états : actif, et inactif. A chaque fois qu'il reçoit un signal en entrée, à gauche sur votre écran, il change d'état. S'il est actif, il devient inactif. Et inversement. Le système de chauffage est asservi à la commande à bascule. Lorsque celle-ci est active, le chauffage fonctionne. Si elle est désactivée, il s'éteint. Le contacteur est composé de 2 lames, en jaune sur votre écran. La lame du dessous, monte en même temps que la température, donc lorsque le chauffage fonctionne. A une température prédéfinie, les 2 lames, entrent en contact, et envoient un signal dans le circuit.
Voyons maintenant notre système complet. La commande à bascule est active. Le chauffage fonctionne. La température en s'élevant, rapproche les 2 lames du contacteur. Jusqu'au moment où celles-ci, entrant en contact, envoient un signal à la commande à bascule. Laquelle se désactive, et provoque un arrêt du chauffage.

Comment passer d'un thermostat domestique, à ce que nous pourrions qualifier d'algostat physiologique ? C'est très simple. Il suffit de changer de vocabulaire sans rien changer au schéma. Nous trouvons :

  • Un agent nociceptif provoquant la sensation de douleur.
  • Un capteur nociceptif, fibre nerveuse libre ou corpuscule.
  • Le seuil de nociception, à partir duquel le stimulus devient inconfortable.
  • Les centres nerveux du contrôle de la douleur.
  • L'intensité de la douleur, par exemple sur la fameuse échelle de zéro à 10.
  • Et bien sûr, les voies nerveuses de la douleur.

Lorsque celles-ci activent ou augmentent un phénomène, nous parlons d'activation. Quand au contraire, elles freinent ou arrêtent un phénomène, nous parlons d'inhibition. En conclusion, selon les voies que nous stimulons avec nos électrodes, nous pourrons désormais provoquer l'activation ou l'inhibition du phénomène que nous recherchons.

3 Comment traiter une douleur par Tens ?

Sur ce point, nous allons rester sobres et modestes, car la compréhension des systèmes de contrôle de la douleur impose une excellente connaissance de l'anatomie et de la physiologie du système nerveux, doublée de quelques connaissances de biochimie. Je ne doute pas que certaines et certains d'entre vous puissent les avoir, mais je sais que c'est loin d'être le cas pour tout le monde et la chose me parait bien normale.

En revanche, nous avons déjà abordé par ailleurs la notion de programme de stimulation. C'est à dire, d'enchaînements séquentiels de trains d'impulsions dont les paramètres sont définis en fonction d'un objectif précis. Ici, l'objectif est la douleur, et plus précisément, les différents types de douleur.
Chaque programme va donc s'adresser à un système de contrôle de la douleur précis, ou à une pathologie particulière. Par exemple : douleur chronique, stimulation endorphinergique, gate control, tendinite, entorse ou autres.

Tout ça, c'est bien beau. Je savais qu'il y avait des voies nerveuses spécifiques au transport du message douloureux vers le cerveau. Que les transmissions peuvent être, de nature électrique, ou chimique. Et voilà qu'on me dit, maintenant, qu'il existe des fibres de 36 types, avec, ou sans gaine de myéline, plus ou moins grosses, et plus ou moins rapides. Et qu'est-ce que je fais, moi, avec mes vieilles douleurs et mon électrostimulateur ?
Rassurez-vous, en ce qui vous concerne cela sera très simple. Nous allons seulement retenir que l'action antalgique que vous allez rechercher, sera uniquement liée à 3 paramètres :

  • La fréquence du courant utilisé dans votre programme de stimulation.
  • L'intensité du courant.
  • Enfin, le positionnement et la tailles de vos électrodes par rapport à la zone douloureuse.

Ouf ! Quel soulagement, non ? Laissons tout le reste aux kinésithérapeutes et physiothérapeutes qui maîtrisent parfaitement le sujet.

En fait, partant du principe que chaque système de contrôle de la douleur réagit en fonction de la fréquence, de la largeur d'impulsions, de la durée et de l'intensité du courant utilisé, le fabriquant de votre électrostimulateur, a élaboré un programme spécifique à chaque type de douleur. Vous trouverez ces programmes sous diverses appellations selon la marque de votre appareil de TENS, telles que : douleur chronique, stimulation endorphinergique, gate control, tendinite, entorse ou autres. La seule chose qu'il faut respecter à la lettre : les recommandations du fabricant !

4 3 exemples d'application

douleur

Douleur musculaire aigüe

  • Indication : douleur résultant d'une atteinte tissulaire brutale tel qu'un traumatisme.
  • Position des électrodes : montage transversal ou longitudinal sur la zone douloureuse.
  • Intensité du courant : confortable.
  • Contrindication : aucune.
douleur

Douleur musculaire chronique

  • Indication : douleur musculaire, quelles que soient sa topographie et son intensité, lorsqu'elle présente plusieurs des caractéristiques suivantes :
    • persistance au-delà de 3 mois.
    • détérioration significative et progressive du fait de la douleur, de la force musculaire dans les activités quotidiennes.
  • Position des électrodes : sur les points "gâchettes".
  • Intensité du courant : maximum confortable.
  • Contrindication : aucune.
douleur

Douleur musculaire, nerveuse ou vasculaire

  • Indication : douleur musculaire aigüe, douleur neurogène aigüe ou chronique, douleur neurovasculaire.
  • Position des électrodes : montage transversal ou longitudinal sur la zone douloureuse.
  • Intensité du courant : confortable.
  • Contrindication : aucune.
  • Observations : particulièrement efficace sur les douleurs musculaires.